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Bildstocks

 

Livre

La découverte des bildstocks doit se faire sous le soleil, moment  où ces monuments prennent un éclat tout particulier. Ils représentent l’expression de la foi vive de ceux qui nous ont précédés, les croix de pierre sculptées du Pays Thionvillois constituent une richesse artistique dans notre région. Ils sont l'expression d'un art populaire vivace ayant pris naissance au XVème siècle, et qui a perduré sous des formes assez fidèles jusqu'au XIXème siècle.

La date de construction de ces monuments de chemins très particuliers est significative d'une époque de souffrance, d'insécurité, de la menace de mort que fait régner une maladie incurable, du profil d'une guerre.

Si nous savons bien les regarder, ces sculptures expriment souvent par leurs attributs, l’identité des personnages représentés, la profession du donateur, la date de construction mais, probablement par pudeur, jamais le motif de cette sculpture dont nous avons quelquefois des traces par ailleurs mais elles sont rares. (Rombas, Volmerange)

Definition

Le terme a été proposé pour la première fois par E. KIEFFER en 1934. Il reprenait un terme d’origine allemande à savoir une image (bild) sur un bâton (stock) pour une croix de chemin tout à fait particulière, destinée à être vue sur quatre, voire trois côtés.

Le prestige de ces croix est quelquefois tel que pour leur donner de l’importance, on entend parler de "BILDSTOCK" pour les crucifix, calvaires ou chemins de croix qui eux ont déjà leurs propres définitions.

Ainsi la croix "bildstock" , que l'on remarque au bord des routes, se compose-t-elle d'un monument prenant assise sur un socle souvent carré, surmonté d'une pile ronde, trapézoïdale ou octogonale au-dessus de laquelle se trouve un édicule cubique taillé de façon à abriter quatre niches creuses, décorées de sculptures, soit en bas-relief, soit en ronde bosse. Dans certains cas il s'agissait de statuettes reliées à la niche d'une façon trop délicate pour résister aux mains de l'homme si bien que pas une seule d'entre elles n'a subsisté et que les niches vides en sont l'unique témoignage. Le tout est surmonté généralement d'une double bâtière se croisant à angle droit, avec sur le faîte, soit une croix fleurdelisée, soit un Christ.

Il existe des monuments de ce type ailleurs, en Allemagne, en Autriche et sur tout le territoire français comme à Saint Avé, dans le Morbihan, où un bildstock tout à fait semblable à nos monuments est placé devant l'église. En Provence on les appelle des montjoies et si l'on se promène au pied de la Sainte Victoire, on peut y voir une sculpture de Sainte Marie Madeleine. A Peyrelevade, en Corrèze un bélier sculpté sur un socle supporte un fût décoré d'une croix de templiers qui est antérieure aux bildstocks puisque datée du XIIIème siècle. Les Vosges comptent aussi par endroits des monuments de ce type, mais notre région a la particularité du nombre de ces monuments comme par exemple la belle promenade que constitue la montée vers la chapelle du Hackenberg qui permet déjà d'en voir trois beaux exemplaires.

Histoire

Les qualificatifs  concernant la guerre de Trente ans teintés d’une telle d'atrocité,  les destructions qui lui sont attribuées décrites comme des razzias et un  fléau qui fut sans cesse ranimé, la peste, nous laissent imaginer le climat de cette guerre et de la période qui l’a précédée.

Les hommes se sont adressés à Dieu et ainsi près de 57 % des bildstocks ont été érigés entre 1610 et 1634 c'est à dire à l'approche de la Guerre de Trente Ans et pendant la période où elle touchait l'Allemagne et les pays scandinaves sans que la France ne s'y soit officiellement engagée.

Au lendemain de la guerre de Trente Ans la Lorraine avait perdu 60 % de sa population. 80 villages entièrement anéantis disparurent. Pour ceux qui subsistaient partiellement, la reconstruction n'était pas toujours immédiate tant les habitants étaient en difficulté.

Aspect

Seules trois ou quatre formes architecturales spécifiques se dégagent.  Les monuments les plus anciens sont à double bâtière, puis peut-être lassés par cette forme, certainement la plus belle mais qui, se répétant, devenait trop commune, les artistes ont voulu innover. Les niches perdent leur formes flamboyantes et sont encadrées d'une arcature ronde avec une toiture en pseudo voûte d'arêtes Plus révolutionnaire encore la toiture disparaît pour laisser place à une plate-forme qui sert d'assise à la croix de sommet. Les niches disparaissent alors, elles aussi, les sculptures placées en haut relief sur le dé cubique prennent plus d'importance. Encore faut–il les protéger de l'érosion par la pluie, alors on fait déborder le toit.

Les noms des sculptures et quelquefois les dates de constructions nous sont inconnus mais quelquefois une bonne observation permet de retrouver la main d'un même sculpteur comme à Volmerange-les-Mines et à Gandrange, dans la composition de la scène du miracle de la forêt d'Ardenne où l’on voit à l'identique, St Hubert agenouillé devant le cerf arborant la croix lumineuse entre ses bois, le chien à ses côtés et le chapeau à ses pieds. La datation des monuments ne les sépare que de quatre ans. Les bildstocks de Basse-Ham (daté de 1614) et celui de Garche (1613), sont étonnamment superposables au point de ne pas douter de la main d’un même artiste par l'attitude dynamique des personnages émergeant des niches, l’inscription à leur base et surtout le drapé finement ciselé dans la pierre.

Symbolisme

La crucifixion est le symbole même de la croix de chemin. Si la crucifixion n'a pas sa place dans l'une des niches elle somme le monument. Aux XV et XVIe siècles, le fût, lorsqu'il est conservé, nous indique la profession du commanditaire par un attribut professionnel alors qu'au début du XVIIe siècle la dédicace est le plus souvent écrite.

La Lorraine a comme patron Saint Nicolas, mais aussi un des prénoms les plus usités à l'époque. Le prénom que porte le donateur est important, puisque celui-ci faisait volontiers représenter son Saint patron sur l'une des faces du monument.
C'est donc le saint le plus fréquemment rencontré sur les faces sculptées des bildstocks.

SN

On peut voir la sculpture de l’évêque de Myre avec le cuvier d'où émergent les bustes de trois petits enfants à Basse Ham, Berg sur Moselle,  Bertrange, Diding, Distroff, Gandrange, sur les deux monuments de Garche, sur la route entre Gavisse et Berg, deux fois au Hackenberg, à Hestroff, Hombourg-Budange, sur les deux bildstocks d'Inglange, à Kanfen, Koenigsmacker mais aussi sur la route entre Koenigsmacker et Elzange, à Kuntzig, Moyeuvre Grande, Neufchef sur la route de Sérémange, à Noertzange au Luxembourg, à Rombas, Sentzich, Stuckange, Valmestroff et Volstroff.

Volmerange Inglange Hombourg

Garche Gandrange

La particularité de la représentation de Berg était que Saint Nicolas portait un quatrième enfant sur la main gauche, il a malheureusement été arraché.

BergN1

*  Un bilstock absent du livre car retrouvé après la parution du Livre du Dr Blaise.

Retour

L'élan qui a amené ce grand nombre de constructions de bildstocks durant la période qui a précédé la guerre de Trente Ans s'est brusquement interrompu vers 1636, lors de la présence des armées dans la région puis après la guerre, il a fallu s'orienter vers la reconstruction et des préoccupations plus matérielles.

Aux  moments d'appréhension, de peur, de vision des prémices ou d'anticipation d’un conflit que le peuple s'est toujours le plus adressé à Dieu. C’est donc de 1845 à 1868 que de nouveaux monuments à fût cylindrique et édicules à niches rondes sont érigés avec des thèmes propres à l’époque. On s’écarte alors peu de la sainte Famille, des saints guérisseurs, Roch et Sébastien, c'est le plus souvent pour y voir le saint patron de la Lorraine, Nicolas ou  encore saint Jean Baptiste. Ceux-ci ont par ailleurs le plus souvent leur nom inscrit à la base de la niche et leur reconnaissance ne pose pas de problème.

Trois Bildstocks conservés de cette époque représentent Saint Nicolas :

KUNTZIG : Le bildstock se trouve dans le jardin avant d'une propriété au n°46 de la Grand'rue devant une maison datée de 1866. Le donateur NICOLAS BECKER a fait représenter son saint patron à côté du crucifix de sommet.

A Valmestroff sur la D56, à la sortie du village, un espace est aménagé sur la route allant vers la Nationale 153 au niveau de Basse-Ham, pour mettre le bildstock en valeur daté de 1851. Saint Nicolas est représenté sur la face avant. Le socle est orné d'une Piéta qui fait penser que le monument est probablement du même artiste que celui situé à la sortie de Koenigsmacker

KOENIGSMACKER : Le bildstock daté de 1853 est situé sur la gauche de la D2 à la sortie de Koenigsmacker en allant vers Elzange. Le donateur Nicolas SCHARFF de KOENIGSMACKER a demandé que son saint patron soit représenté sur la face avant.

A Elzange, un deuxième bildstock se trouve isolé dans la nature. On le trouve en tournant à gauche au niveau du premier bildstock situé à l'entrée du village, au carrefour de la rue des Lilas et de la rue du Moulin. On l’atteint par un chemin de champs sur environ 800 mètres en dehors du village. Il s’agit visiblement d’un  monument remanié.

Le socle est surmonté d'un plateau rectangulaire. Au-dessus, le fût a une section rectangulaire. Sur le haut de la face avant, un angelot semble protéger de ses ailes un écusson

Tout le reste de l'avant du fût est inscrit et nous raconte qu’en 1605, NICLAS JVNGES et son frère ont fait construire ce monument avec son épouse Else.

Le patron de la Lorraine est représenté dans la niche arrière. Le cuvier contenant les trois enfants occupe ici, toute la largeur de la niche.

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